Ariane Louis-Seize réalise ici son premier long-métrage. Après une petite dizaine de courts métrage où elle a pu peaufiner son style étrange et décalé, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant arrive comme une évidence. L’adolescence étant un de ses sujets de prédilections, il a été tout naturel de lui consacrer son premier long métrage. Elle le fait de la manière la plus exquise, en détournant par l’humour noir les lieux communs du teen movie

Mélange parfaitement dosé de teen movie indépendant et de film de vampire, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant s’inscrit dans une mouvance de films décalés et hybrides venant de la Belle Province. Une poignée de films biberonnés au sirop d’érable arrivés sur nos écrans français pour notre plus grand plaisir qui semblent annoncer une vague de liberté dans le septième Art québécois : Falcon Lake, Babysitter, Les chambres rouges…  

Vampire humaniste s’inscrit dans son époque et évoque avec beaucoup de douceur de nombreux sujets de société sans être moralisateur : l’alimentation consciente, le suicide (assisté ou non), la charge mentale des femmes, le harcèlement scolaire… L’écriture est drôle et concrète et suinte d’intelligence pour aborder cette myriade de sujets de société. 

Wayna Pitch

Il est impossible de ne pas évoquer l’alchimie des deux acteurices Sara Montpetit – déjà vue dans Falcon Lake – qui dégage un charisme magnétique et Félix-Antoine Bénard qui propose un rôle difficile avec beaucoup de subtilité. Le duo est entouré d’acteurs et actrices terriblement talentueux. Des têtes de seconds couteaux que vous aurez pu voir dans de très nombreuses autres productions : Steve Laplante, Patrick Hivon entre autres. 

Le vampire va être partout cette année : En attendant la nuit, La Morsure… Des buveurs de sang plus branchés biactol que mobiliers gothique, bien plus victimes de leur conditions que prédateurs charmeurs. À l’image de l’originale Sasha (Sara Montpetit) qui fait face à un problème sans solution, ces films montrent une jeunesse qui tentent de faire les choses correctement malgré un bagage génétique encombrant et un héritage lourd. 

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est une jolie réussite. Un film politique sans s’en donner l’air qui sait autant divertir que faire réfléchir. Film réjouissant qui confirme cette nouvelle vague québécoise hybride et savoureuse.

Une réponse à « Vampire humaniste cherche suicidaire consentant : dur dur d’être un vampire »

  1. […] de poser la question de la responsabilité de cette violence à la façon d’un Vampire humaniste cherche suicidaire consentant (Ariane Louis-Seize/2024). Uma regrette ses tueries et vit littéralement avec. Un petit troupeau en stop motion des animaux […]

    J’aime

Répondre à Sister Midnight : Soeur Canines Annuler la réponse.

Tendances