Sasha est une vampire pas comme les autres : elle ne peut pas tuer pour se nourrir. Cela lui pose des problèmes moraux. Elle vivote aux crocs et crochets de ses parents qui décident lors de sa soixante-dix-huitième année de lui couper les vivres. Contrainte de trouver une solution pour survivre, elle décide de trouver un suicidaire qui voudrait bien lui donner sa vie et son sang. Elle rencontre ainsi Paul, tête de turc de son lycée, qui tente assez mollement de se suicider depuis quelques temps. Une rencontre pour ainsi dire parfaite. Oui, mais c’est sans compter une amitié naissante qui va rebattre les cartes
Ariane Louis-Seize réalise ici son premier long-métrage. Après une petite dizaine de courts métrage où elle a pu peaufiner son style étrange et décalé, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant arrive comme une évidence. L’adolescence étant un de ses sujets de prédilections, il a été tout naturel de lui consacrer son premier long métrage. Elle le fait de la manière la plus exquise, en détournant par l’humour noir les lieux communs du teen movie.
Mélange parfaitement dosé de teen movie indépendant et de film de vampire, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant s’inscrit dans une mouvance de films décalés et hybrides venant de la Belle Province. Une poignée de films biberonnés au sirop d’érable arrivés sur nos écrans français pour notre plus grand plaisir qui semblent annoncer une vague de liberté dans le septième Art québécois : Falcon Lake, Babysitter, Les chambres rouges…
Vampire humaniste s’inscrit dans son époque et évoque avec beaucoup de douceur de nombreux sujets de société sans être moralisateur : l’alimentation consciente, le suicide (assisté ou non), la charge mentale des femmes, le harcèlement scolaire… L’écriture est drôle et concrète et suinte d’intelligence pour aborder cette myriade de sujets de société.

Il est impossible de ne pas évoquer l’alchimie des deux acteurices Sara Montpetit – déjà vue dans Falcon Lake – qui dégage un charisme magnétique et Félix-Antoine Bénard qui propose un rôle difficile avec beaucoup de subtilité. Le duo est entouré d’acteurs et actrices terriblement talentueux. Des têtes de seconds couteaux que vous aurez pu voir dans de très nombreuses autres productions : Steve Laplante, Patrick Hivon entre autres.
Le vampire va être partout cette année : En attendant la nuit, La Morsure… Des buveurs de sang plus branchés biactol que mobiliers gothique, bien plus victimes de leur conditions que prédateurs charmeurs. À l’image de l’originale Sasha (Sara Montpetit) qui fait face à un problème sans solution, ces films montrent une jeunesse qui tentent de faire les choses correctement malgré un bagage génétique encombrant et un héritage lourd.
Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est une jolie réussite. Un film politique sans s’en donner l’air qui sait autant divertir que faire réfléchir. Film réjouissant qui confirme cette nouvelle vague québécoise hybride et savoureuse.


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