Du 6 octobre au 16 janvier, venez découvrir une partie de la collection de costumes de la cinémathèque, le tout mis en scène par le plus rock’n’roll des couturiers français. Jean-Paul Gaultier était la personne idéale pour concevoir cette exposition qui allie mode et cinéma. Tonie Marshall l’avait bien compris lorsqu’elle a proposé le nom de celui-ci à la cinémathèque pour ce projet. L’exposition lui est par ailleurs dédiée, et c’est avec beaucoup d’émotion qu’on pense à elle et à sa mort récente en mars 2020. Jean-Paul Gaultier a, depuis le début de sa carrière, su mêler ces deux arts. Et c’est un peu comme un patchwork de son rapport au cinéma que CinéMode a été pensée.

Henri Langlois, fondateur de la cinémathèque, a été l’un des premiers à collectionner et conserver les costumes de cinéma. Il avait l’étonnante habitude de demander aux actrices qui venaient lui rendre visite d’apporter une tenue. La démarche à l’époque semblait plutôt incongrue et pourtant, on ne peut aujourd’hui que le remercier. Forte d’une immense collection de costumes, la cinémathèque a décidé de la mettre en valeur par une exposition. Mais plutôt qu’un enchaînement un peu froid de mannequins désincarnés, l’exposition a été animée par Jean-Paul Gaultier, qui en fait une déclarationn d’amour au cinéma.



L’exposition est découpée en cinq parties. Falbalas, le film par lequel tout a commencé, l’origine de son amour de la mode. ♂ ♀, une réflexion sur le genre à l’écran par le costume. La fluidité du genre a toujours été une des obsessions dans le travail du couturier et le cinéma a pu refléter cette tendance. Du travestissement de Marlene Dietrich, à l’hyperféminité de Marylin Monroe ou hypmermasculinité de John Wayne, jusqu’au brouillement des codes du genre en section trois, Transgressions. Des silhouettes androgynes, de la provocation et surtout beaucoup de vie et d’humour. La quatrième section, Métal Hurlant, s’intéresse, comme son nom l’indique, au métal à la fois en creusant la figure de la femme guerrière (Barbarella, Jeanne d’Arc). Il met aussi en avant un de ses films fétiches Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein, documentaire sans concession sur l’univers de la mode, tout en faisant un petit tour dans l’univers d’un des ses mentors : Pierre Cardin. L’exposition se termine par une salle sur le thème du défilé. Défilés qui sont chez Jean-Paul Galtier de véritables événements où ils pensent ses manequins comme un réalisateur choisirait ses actrices. Vous pourrez y découvrir des extraits de films, des scènes de défilés, les costumes du film de Bertrand Bonello sur Yves Saint Laurent et tant d’autres.

Pedro Almodóvar, Victoria Abril et Jean Paul Gaultier sur le tournage de Kika, 1994 © Nacho Pinedo
L’exposition correspond parfaitement à l’univers du créateur et évite les écueils d’une mise en scène chronologique, mais laisse un goût de trop peu. Deux salles supplémentaires n’auraient pas été de trop et peut-être quelques anecdotes du couturier auraient été bienvenues. Surtout qu’elles sont sûrement pléthores si l’on considère ses nombreuses collaborations avec le septième art. Ceci dit, toutes les pièces étaient parfaitement mises en scènes et le parti pris de laisser le son des extraits de films, un bon moyen d’animer la visite. Il n’y a pas mieux pour se sentir emporté dans une exposition. L’ensemble est vivant à l’image de Jean-Paul Gaultier, le couturier qui pense “humain” avant de penser “mode”.






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