Une guerre civile fait rage dans un Kazakhstan qui semble dépeuplé. Une jeune mère muette et apathique recherche son fils, kidnappé par des trafiquants d’organes. Sur le chemin, elle croise le “steppenwolf” ancien malfrat converti, opportuniste qui l’aide par tous les moyens possibles dans sa quête, surtout s’ils sont sanguinaires.
Le prolifique réalisateur Kazakh, figure incontournable des festivals de cinéma (surtout de genre) commence gentiment à se faire un nom en France. Après les sorties en salle des très réussis A dark dark man – plongée absurde et noire dans le monde corrompu de l’administration Kazakh – et Assaut – film carpenterien tragicomique – Adilkhan Yerzhanov revient avec Steppenwolf disponible fin octobre sur Filmo

On retrouve dans Steppenwolf la patte si particulière du cinéaste : des paysages vides filmés comme des aplats de peinture, un regard critique et distancié sur la politique de son pays et des personnages qui ont beaucoup de mal à rester dans leur case. Amoureux du genre, quel qu’il soit, le réalisateur se plaît à infuser son style dans différents type de film. Il s’attaque ici au néo western teinté de dystopie. Adepte de l’absurde et de l’humour noire, Adilkhan Yerzhanov se tourne dans Steppenwolf vers une noirceur plus absolue, une violence rentre dedans. Le sang gicle au nom d’une morale parfois un peu approximative.
Son duo de personnage, la muette et le truand, s’éloigne de ses archétypes habituels tout en restant majoritairement défini par la contradiction entre pureté et corruption. Adilkhan Yerzhanov affectionne particulièrement la dynamique entre une femme tête dure, pragmatique et va-t-en-guerre et un homme maladroit et corrompu. Dans Steppenwolf, le personnage de la mère est toujours aussi déterminée mais semble éloignée du monde pratique alors que le personnage masculin s’il est tout aussi corrompu que ses comparses est remarquablement futé et habile.

Steppenwolf vient compléter la filmographie du jeune cinéaste Kazakh avec cohérence. Le film porte un regard tout aussi critique sur son pays même si de manière moins frontale qu’habituellement et joue toujours autant avec l’absurde, cette fois-ci de manière plus noire et brutale.


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