The Crow (2024) est une nouvelle adaptation de la série de comics créée par James O’ Barn dont la première itération est devenue culte en partie pour des raisons assez sombres. Le film de 1994 réalisé par Alex Proyas fait une proposition esthétique forte : un montage rapide et saccadé, une image floue et sombre et surtout un personnage qui est la représentation parfaite du romantisme noir. Tous ces éléments ont fait de ce film l’oeuvre de chevet de toute une génération d’adolescents. Ce film possède une aura toute particulière car il fut le dernier de l’acteur principal, Brandon Lee, mort accidentellement lors du tournage. The Crow (1994) porte un héritage particulier et la question de la pertinence d’un remake en 2024 peut se poser ? 

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En réalité, le projet est entré en développement en 2008 soit très peu de temps après l’opus de 2005, The Crow : wicked prayer. Le premier réalisateur pressenti est  Stephen Norrington à qui l’on doit Blade (1998) avec déjà l’idée d’en faire un reboot et non une suite. Cette nouvelle adaptation de The Crow reste dans les limbes, plusieurs noms d’acteurs circulent pour reprendre le rôle d’Eric dont Bradley Cooper, Luke Evans, Jack Huston et Jason Momoa mais ce sera finalement Bill Skarsgård qui récupérera le rôle et ajoutera une bille supplémentaire à sa collection de remake de rôle emblématique après le clown de Ça.  À la réalisation, nous retrouvons Rupert Sanders, le réalisateur de Ghost in the Shell (2017) et Blanche-Neige et le Chasseur (2012)

Que vaut cette nouvelle adaptation du vengeur noir ? Rupert Sanders a choisi le parti pris de proposer une mise en scène bien moins radicale. Plus de montage saccadé et d’images floues. La première partie du film qui suit la romance de nos deux jeunes torturés flirte bien plus avec le film indépendant Sundance ou la pub de parfum léchée qu’avec la romance gothique. L’ensemble est très agréable à regarder et le duo d’acteur, Bill Skarsgård et FKA Twigs, plutôt charismatique. Il aurait même été assez agréable de limiter le film à cette romance un peu superficielle mais plutôt bien shootée. 

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Les problèmes arrivent avec l’introduction du fantastique. Si la version de 1994 avait quelque chose de plutôt nihiliste et assez expérimental, celle de 2024 est bien trop programmatique et facile. L’idée de teinter le récit avec des éléments “Eat the rich” n’est pas foncièrement mauvaise mais semble un peu superfétatoire. Dans la rôle du grand méchant, Danny Huston est sans surprise plutôt convaincant mais son talent ne suffit pas à rattraper une fin un peu médiocre trop éloignée de la noirceur totale du premier film malgré de nombreuses séquences assez gores pas trop mauvaises. 

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