Années 80, Los Angeles. Maxine est une actrice de films érotiques qui ambitionne de devenir bien plus et se rêve en star hollywoodienne. Seulement, le chemin pour y arriver est semé de meurtres étranges
Après X et Pearl, Maxxxine vient clore la trilogie hommage de Ti West. Si X lorgnait du côté du cinéma d’exploitation des années 70, Pearl du cinéma classique hollywoodien, Maxxine tente un rapprochement vers le néo-noir, le polar patibulaire des années 80 avec juste une pincée de giallo. Et pour lier l’ensemble, des personnages assoiffés de reconnaissance incarnés par la talentueuse Mia Goth.

Maxxxine est peut-être le plus vain des chapitres de cette trilogie. Si les deux premiers volets proposaient des observations pas inintéressantes sur l’histoire du cinéma états-unien, Maxxxine, lui, ne va pas bien loin. Dans X se trouvait une réflexion sur le puritanisme hypocrite de notre époque qui accepte bien vite l’exploitation sexuelle si elle est faite au nom du Dieu capitalisme. Et Pearl offrait une vision tordue, cynique et désacralisée d’un cinéma hollywoodien trop souvent mis sur un piédestal. Le tout sans oublier d’être divertissant et attractif. Ce “cool” si significatif du cinéma de Ti West.
Maxxxine se place comme un énième hommage au cinéma de De Palma qui lui-même propose un cinéma très référencé. Sans étonnement, le calque d’un calque ne peut que proposer un résultat bien pâle. Ce film aurait pu être l’occasion de proposer une réflexion sur ce cinéma méta, ultra référencé qui pullule sur nos écrans du XXIe siècle et faire comme dans les deux chapitres précédents un commentaire sur l’actualité par l’intermédiaire de cinémas passés. Pourquoi pas proposer une mise en abîme sans fin, vertigineuse d’un cinéma bloqué qui ne fait pratiquement plus que s’autophager ? Cela eut été une conclusion parfaite pour cette trilogie meta pas si bête. Cependant, Ti West préfère s’embourber dans un arche à nouveau sur l’hypocrisie du puritanisme, de manière pas bien maline cette fois-ci.

Reste qu’au final, Ti West est un très bon faiseur et son amour pour le cinéma de genre est palpable. Certaines scènes font mouche et le prestigieux casting fonctionne plutôt bien, Mia Goth en tête. L’énergie est communicative, dommage qu’elle soit légèrement en deçà pour le final et nous laisse avec un sentiment d’aquoibonisme.
Maxxxine termine tièdement la X trilogie de Ti West. Le film ne manque pas d’énergie et est de bonne facture mais paraît bien vain à côté de ses prédécesseurs.


Laisser un commentaire