Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin.
Le premier opus avait reçu un accueil critique et public plutôt bon. Le travail de mise en scène autour du silence fonctionnait bien, le couple Krasinski/Blunt était adorable et nous y découvrions la jeune et talentueuse Millicent Simmonds. J’avais, cependant, quelques réserves quant à la représentation du couple à l’écran, au design des créatures et à la prépondérance des symboles religieux à l’écran. Ceci dit, la fin du film assez ouverte pouvait laisser présager un retournement de situation plutôt plaisant. Qu’en est-il finalement de ce second opus ?

Je ne vais pas mentir, Sans un bruit 2, malgré ses défauts m’a bien plu. Tout comme son aîné, il profite d’une mise en scène fluide avec quelques moments de grâce. Je pense notamment à la scène d’ouverture dont la tension est parfaitement rythmée. En terme d’image, si ce n’est le design des créatures qui est propre mais ne m’a pas parlé, le film est beau, les références visuelles à la religion chrétienne fonctionnent. En somme, on ne s’ennuie pas, le divertissement est bon et la facture de qualité.
Seulement, j’ai tout de même quelques petits aspects à lui reprocher. Si les références visuelles à la chrétienté m’ont plu, la conception du couple traditionaliste est assez fatigante. Le final du premier film nous promettait une Emily Blunt plus centrale, ce ne sera finalement pas le cas. Cette suite nous impose une nouvelle figure paternelle sortie de nulle part. Cillian Murphy aura beau faire de son mieux, cela ne comblera pas les problèmes d’écriture liés au statut de pièce rapportée de son personnage. Il aurait pu être une simple étape dans le cheminement de notre petite famille, laissant à Evelyn Abbott le rôle principal, le film n’aurait rien perdu bien au contraire. L’écriture des personnages est bien le point faible de ce film. Petite pensée émue à Regan Abbott qui semble ne pas avoir la capacité de réfléchir et fait absolument tout ce qu’il ne faut pas faire. Toujours.

On peut également reprocher à ce film de ressembler un peu trop au premier. Le film se construit comme son aîné. D’abord une première partie à la mise en scène soignée, avec un travail sur le son et le silence bien fait et une tension maîtrisée. Ensuite tout un déroulé qui est axé sur la figure du père. Pour se finir sur un montage alterné de deux scènes de combat contre les créatures, avec dans les deux films, Emily Blunt les pieds dans l’eau.
Sans un bruit 2 est une suite cohérente, peut-être un peu trop, qui réussit le pari de garder une mise en scène plaisante. On peut lui reprocher sa vision trop traditionaliste du couple et de la figure paternelle ainsi que sa construction peut-être un peu trop calquée sur le premier. Cependant, celui-ci reste vraiment divertissant et de bonne facture.



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